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dimanche 28 mai 2017

On change de port : 4eme jour de la Frette à Cergy



Allez, reprise de la navigation pour ce dernier jour !

Une navigation qui devrait être plutôt tranquille puisqu'il n'y a pas beaucoup de kilomètres à parcourir : une petite trentaine, et le tout, sans aucune écluse à franchir !

Nous avions décidé de partir tôt. D'une part pour arriver au port de bonne heure, et d'autre part pour profiter de la fraicheur des premières heures de la journée.  Je me suis demandé finalement si c'était une bonne idée car, lorsque j'ai commencé à déplaquer le moteur pour effectuer les niveaux, la pluie s'est mise à tomber. Histoire de nous montrer que la journée ne sera pas la même qu'hier !
Après les vérifications d'usage au niveau du moteur, et avoir laissé ce dernier monter en température, nous avons largué à 7h20 pour prendre la direction de Conflans Sainte Honorine en aval.

Un peu avant le PK69, non loin de l'entrée du port de BOAT PARADISE, je change ma route pour me rapprocher de la rive gauche, conformément à la signalisation présente sur la berge et en concordance avec ma carte de navigation.

Peu après, j'aperçois un bateau de commerce montant, un 38m. Visiblement, il est sur la même route que moi... Dans le doute, je le contacte avec la VHF, histoire de lui demander s'il reste sur cette route. Plutôt brusque, il me répond qu'il est sur la bonne route et il me fait comprendre qu'il n'a pas l'intention d'en bouger. Comme il est prioritaire de toute façon, je lui réponds que j'allais changer ma route pour repasser sur le bord droit de la Seine, le tout étant d'être d'accord et de ne pas changer tous les deux de direction. J'étais resté traumatisé par le face à face du premier jour !
Je bascule donc temporairement vers la rive droite, le temps de croiser ce 38m, puis je reprends ma route rive gauche pour poursuivre la traversée de Conflans. 
Cette ville est vraiment un haut lieu de la batellerie ! Il y a des bateaux sur toute la longueur de la ville, parfois sur deux ou trois largeurs. J'ai aperçu également deux bateaux chapelle.




La ville de Conflans est bientôt derrière nous. 

Nous franchissons les derniers ponts et vient enfin le croisement entre la Seine et l'Oise au PK71. C'est à 8h30 que nous quittons la Seine et que nous commençons à remonter l'Oise.





Oui, il faut maintenant procéder à une petite gymnastique intellectuelle : nous sommes maintenant des plaisanciers "montant" et la rive droite devient la rive gauche :)

Après les dimensions de la Seine, l'Oise nous parait bien petite et plus calme. Dès que Conflans Sainte Honorine est dépassée, nous nous retrouvons dans un paysage plus sauvage. Les berges sont peu entretenues et beaucoup d'arbres plongent leurs branches basses dans l'eau du fleuve. 



Nous remontons doucement le courant de l'Oise. Il y a quelques maisons et des pontons où sont stationnés des petits bateaux, souvent en mauvais état et des oeuvres d'art plutôt bizarres :



Nous croisons deux ou trois bateaux, il n'y a guère d'affluence.
Ce parcours sur l'Oise prend l'aspect d'une promenade. On se croirait presque sur un canal. Les quelques kilomètres jusqu'à Cergy sont finalement rapidement parcourus et, à 10h20, nous arrivons en vue du port de Cergy.





L'entrée est plutôt large, le courant n'est pas très important et il y a un peu de vent.
Je diminue le régime moteur et j'effectue un large virage pour entrer dans le port, histoire de contrer tout de même le courant s'il est plus sournois qu'il n'y parait.

L'entrée se passe bien. Il n'y a plus qu'à arrêter le bateau, ce qui se fait sans trop de problème puisque je n'allais pas très vite.
La place qui nous est destinée est juste à l'entrée du port, derrière son grand mur. Elle semble étroite mais ce n'est qu'une illusion d'optique. J'effectue une petite manoeuvre vers l'arrière tandis que mon matelot, à l'avant, repousse le narrowboat vers babord en prenant appui sur un bateau qui était amarré.

Un plaisancier, Michel, vient me proposer son aide. Je lui tends l'amarre arrière et, doucement, il tire le bateau pour le faire entrer à sa place. Pour accompagner le mouvement, je me place au milieu du bateau pour l'écarter vers babord et éviter qu'il ne frotte le bateau qui sera mon voisin.
Doucement mais surement, le narrowboat gagne sa place et je n'ai plus qu'à l'amarrer. Un amarrage croisé à l'arrière pour éviter que le gouvernail ne touche le ponton. Oui, j'aurai pu entrer en marche avant pour le stationner la proue vers le ponton... le problème est que l'entrée du bateau étant à l'arrière, nous n'aurions pas pu débarquer puisque le catway ne mesure que 3 ou 4 mètres de long et n'atteint donc pas l'arrière du bateau !

Enfin, il est 10h32 et je peux couper le moteur. Cette traversée est terminée et chacun peut prendre un peu de repos.
Pas tout de suite, tout de même, car il y a plein de choses à faire : raccorder l'électricité (prise de 32 ampères !), et ranger tous les pare-battages, les amarres, etc.
11h45 : le timing est parfait, puisque je finis tout cela alors que les premières gouttes de pluie se mettent à crépiter sur la timonerie ! Il était temps. Le chat du bord, pendant ce temps-là, a cherché à découvrir son nouvel environnement par la fenêtre, puis il a décidé qu'une bonne sieste le remettrait en forme :)








samedi 27 mai 2017

On change de port : 3eme jour, La Frette sur Seine



Une journée tranquille aujourd'hui, puisque nous restons amarrés à la halte fluviale de la Frette sur Seine.

L'endroit est plutôt sympathique et la berge privatisée de la halte nous permet de ne pas être "visités" par tous les promeneurs du week-end.

Après quelques recherches, il n'y a pas de boulangerie sur le quai et il me faut monter dans le centre ville, près de la gare, pour y acheter le pain du petit déjeuner. En fait, ce n'est pas très loin du bord de la Seine, mais c'est haut et le petit chemin piéton qui slalome entre les maisons perchés sur la colline ressemble plus à un sentier de muletiers qu'à autre chose :)















































Pour les amateurs, notons qu'il y a une épicerie et une boucherie dans le même coin.

Pour l'anecdote, nous avons tenté de nous faire livrer quelque chose pour le repas. Malgré nos recherches sur Internet, nous n'avons pas trouvé grand chose. Entre les pizzerias qui ne livraient pas jusqu'à la Frette et ceux qui nous ont demandé de passer nous enregistrer pour pouvoir commander par la suite, ce fut assez compliqué ! Il y en un qui voulait bien nous livrer à la Frette, mais il s'agit de la rue la Frette à Sartrouville !

Finalement, nous sommes tombés sur un pizzaiolo qui faisait aussi bien les pizzas que les kebabs. Bon, au moins, nous avons été livrés rapidement et les pizzas étaient mangeables.

La journée s'est donc écoulée paisiblement. Nous étions bercés de temps en temps par les grands bateaux hôtels qui passaient dans un sens ou dans l'autre. Ils sont vraiment énormes. Quelle démesure !






Conformément aux prévisions, la météo a été particulièrement clémente et il a fait chaud aujourd'hui. 
Nous avons eu beau alterner entre fenêtres ouvertes et isolants en aluminium sur les vitres, la température est tout de même montée à 30°C à bord. Même le chat du bord a eu chaud :)













vendredi 26 mai 2017

On change de port : 2eme jour d'Alfortville à La Frette sur Seine




Pour cette seconde journée de navigation, nous avions décidé de nous lever plus tôt afin de bénéficier de quelques heures de navigation "à la fraiche".
La journée d'hier avait été chaude, mais celle d'aujourd'hui promettait de l'être encore plus. 
Et puis, nous voulions faire un maximum de kilomètres aujourd'hui afin de nous rapprocher au maximum de notre destination.

Après la vérifications des niveaux, le moteur était démarré à 7h. Nous étions au PK160, en vue de l'écluse du port-à-l'Anglais, et, du coup, j'ai pris contact avec l'éclusier avant de larguer les amarres. 




A ma grande surprise, il n'y avait aucun commerce ce matin alors que nous en avons croisé hier, qui était un jour férié.
Du coup, nous étions les premiers à entrer dans l'écluse et à 7h55, nous en étions sortis.
Paris nous tendait les bras ! Nous arrivions en effet, peu après, à la jonction entre la Seine et la Marne, avec le grand bâtiment asiatique Chinagora sur la rive droite.




Paris, pour les bateaux avalants, c'est aussi l'alternat : un système de feux qui permet d'alterner la circulation entre bateaux montant et avalant dans le petit bras de l'ile de la Cité. Il y a donc des créneaux imposés : les avalants doivent se présenter entre H+35 et H+50 pour pouvoir franchir ce bras.






De là, la nécessité de calculer sa vitesse pour ne pas rester trop longtemps en stand-by devant le feu rouge !

Comme il n'y avait pas eu d'attente à l'écluse, nous étions en avance, et mon calcul de route était faussé. Il a fallu que je ralentisse ma navigation pour diluer cette avance. 


Nous avons doublé, à l'entrée de Paris, deux randonneurs en kayak. 




Comme le narrowboat allait à une petite allure, ils ont pu rester dans notre sillage et nous suivre jusqu'au niveau de Bercy.

Arrivé là, à 9h00,  je suis resté en stationnaire en attendant le feu vert de l'alternat. Il y avait un vent d'est et des rafales déplaisantes qui faisaient que j'avais des difficultés à garder le narrowboat à sa place.
Nos deux kayakistes ont poursuivi leur route vers l'ile de la Cité, mais ils n'ont pas été très loin : un zodiac de la police fluviale n'a pas tardé à quitter son ponton et à intercepter nos deux randonneurs, détectés par le système de surveillance de la Seine par caméra vidéo.



Après quelques minutes de discussions et de vérifications, le zodiac est venu vers notre bateau avec les deux kayaks et les policiers m'ont demandé si je pouvais embarquer les randonneurs car ils ne pouvaient pas traverser Paris à la pagaie... Ok, c'est parti. Nous voilà avec des passagers !
Enfin, pas encore, car tandis que le zodiac des policiers regagne son ponton, je tente toujours de maintenir le narrowboat en place. Comme les randonneurs n'ont pas de cordes, nous leur donnons deux amarres pour qu'ils puissent attacher leur kayak à l'arrière du bateau et là, catastrophe !
Un bout d'amarre laissé dans l'eau, s'enroule autour de l'hélice qui était restée en prise pour maintenir le bateau à sa place. 
Je coupe le moteur et, forcément, le bateau est poussé par le vent contre la rive. Au dernier moment, j'arrive à donner une amarre à un employé d'un bateau-restaurant, ce qui me laisse un peu de répit de ce côté-là. Le temps de déplaquer le compartiment moteur, de dévisser la trappe de visite au dessus de l'hélice, je n'avais plus qu'à prendre un couteau bien tranchant pour tenter d'enlever les longs morceaux d'amarres enroulés et serrés autour de l'hélice.
Heureusement, cette partie s'est bien passée !
Le temps de tout remettre de place, de donner une nouvelle amarre, d'accrocher les deux kayaks sur les flancs du narrowboat...





... et d'accueillir à bord Suzanne et Loïc, j'avais juste le temps de relancer le moteur, de me détacher du bateau-restaurant et de monter dans les tours pour pouvoir franchir l'alternat avant les 9h50 fatidiques. Ce fut très juste, mais nous y sommes parvenus !

Après ces émotions, la traversée de Paris a été presque calme : il y avait peu de bateaux-mouches à cette heure matinale, presque pas de bateaux de commerce et nous avons donc tranquillement slalomé dans les différents bras de l'Ile de la cité. 







Après l'Ile, nous avons pu admirer les différents monuments ou bâtiments se trouvant sur les bords de Seine, même si certains, comme la statue de la Liberté, n'étaient pas dans le bon sens pour nous. Nos kayakistes ne semblant pas connaitre les lieux, je leur détaillais ceux que je connaissais : Bastille, l'Arsenal, Notre Dame, le palais de justice avec la conciergerie, etc.












Les kilomètres s'accumulent dans la capitale tandis que l'activité sur la Seine se réveille : à la sortie, nous commençons à croiser quelques bateaux à passagers qui nous font de belles vagues en quittant le poste ou en changeant de rive. Il y a également de plus en plus de bateaux de commerce dont certains sont réellement énormes.
















Les derniers ponts de Paris se retrouvent derrière nous et nous voici à Boulogne-Billancourt. Le moment de nous séparer de nos kayakistes s'approche. En effet, les policiers m'ont demandé de les laisser après le pont du périphérique, près du PK09.
Pendant cette navigation en commun, nous avons donc fait connaissance de ces jeunes gens qui se révèlent être un couple : Suzanne et Loïc. Ils ont décidé de se lancer dans une aventure : descendre la Seine de Paris au Havre en une douzaine de jours, à raison de 40 à 50 km par jours. Je les trouvais bien optimiste, tant en terme de distance journalière que de passage des écluses :)

Comme convenu, à partir du PK09, nous avons commencé à chercher une zone où les déposer en sécurité. C'est derrière l'Ile Seguin, à 11h40, au PK11,5, que nous avons pu nous amarrer le long d'un ponton, réservé à un club de kayak justement. A peine stationnés, le gardien est venu nous demander de ne pas rester là. Après quelques explications, il a accepté que nous restions le temps de remettre nos deux kayakistes en selle... enfin, dans le kayak.

Cela ne s'est pas fait sans mal, d'ailleurs ! Non, sur le plan sécurité tout s'est bien passé. Simplement, dans un premier temps, ils ont manqué d'oublier leurs pagaies sur le toit du narrowboat et au moment où nous commencions à nous éloigner, Suzanne s'est rendue compte qu'elle avait oublié son téléphone portable à bord ! Loïc n'a eu que le temps de sauter dans son kayak pour nous rattraper, tandis que je me maintenais sur le bord de la rive.
Nous avons donc quitté définitivement notre couple de kayakistes, non sans leur avoir laissé nos coordonnées afin qu'ils puissent nous donner des nouvelles par la suite.

Poursuivant notre route, nous longeons Saint-Cloud, Suresnes et Puteaux tout en restant rive gauche, comme nous l'imposaient les panneaux de circulation. 




Dans ce secteur, il y a énormément de bateaux-logement. Il y en a de toutes sortes, de toutes formes et dans tous les états. Cela va du magnifique au plus moche :)




Et puis, nous commençons à distinguer la première écluse après Paris, juste devant les tours et immeubles du quartier de la Défense.



 



Là, après une prise de contact sur la VHF, nous entrons à 12h30 dans l'écluse de Suresnes. Nous y sommes seuls et, en une vingtaine de minutes, nous pouvons en ressortir et poursuivre notre route.

Sur ce bief qui longe Neuilly sur Seine, Clichy, et Saint Denis, nous sommes ralentis par un très fort vent de face ! D'un côté, il nous apporte un peu de fraicheur, car la température de la journée est à plus de 33°C, mais d'un autre côté, le narrowboat a tendance à partir en crabe dès que, dans un virage, nous présentons le flanc du bateau aux rafales de vent.
Je ne peux m'empêcher de penser à nos deux kayakistes : avec un tel vent de face, les 50 km quotidiens vont être difficiles à tenir...

Au PK25,5, nous poursuivons notre navigation sur le bras droit de la Seine, en longeant l'Ile Saint Denis. Le paysage, très industriel, manque cruellement de charme...

Au PK40, nous nous retrouvons de nouveau devant une île, celle de Chatou, qui coupe la Seine en deux. Bras de droite ou bras de gauche ? Comme la dernière fois que nous sommes passés dans cette zone, nous avions remonté le bras gauche, et que le logiciel de trajets fluviaux nous conseillait le bras droit, nous avons suivi cette recommandation. Il n'y a pas une grande différence entre ces deux bras. Ils comportent tous les deux une écluse (Chatou à droite, et Bougival à gauche).
Dans un premier temps, je pense avoir fait le bon choix car le bras droit semble moins urbanisé et plus verdoyant. Hélas, des bateaux de commerce ont également choisi cette voie et plusieurs nous doublent avant d'arriver à l'écluse.
Placée dans un virage au PK44,5, nous ne la voyons qu'au dernier moment et il y a bien du monde dans le virage en attente d'éclusage. Il faut donc attendre son tour, sans compter qu'il n'y a même pas un ponton d'attente pour attendre tranquillement. Au lieu de cela, je suis obligé de rester en stationnaire dans le virage. J'ai d'ailleurs quelques soucis pour maintenir le bateau en place car le vent latéral me rabat sans cesse sur la rive gauche, et comme je n'ai pas beaucoup de place pour manoeuvrer, les choses sont compliquées.
Au moment où les portes de l'écluse s'ouvrent, vers 16h40, un nouveau bateau de commerce arrive derrière moi. L'éclusier me demande de le laisser passer devant moi ; jusque là, rien d'anormal.
Nous sommes donc 4 bateaux à nous approcher des portes de l'écluse de Chatou. Le premier est un énorme pousseur et sa barge non moins imposante. Il prend tout le bord droit de l'écluse.
Les deux autres sont des 38 m me semble-t-il, ils entrent et se mettent côté rive gauche. De loin, je me demande s'il me reste de la place. Aussi, je contacte l'éclusier pour confirmer que je peux entrer à mon tour. Celui-ci me répond qu'il reste au moins 40m.
Du coup, je commence à entrer dans l'écluse pour me placer à gauche, derrière les deux commerces comme me l'a demandé l'éclusier.
Hélas, l'hélice du pousseur est restée en prise et il y a de gros bouillons derrière lui, dans l'écluse. lorsque je pointe le bout du narrowboat par la porte de l'écluse, le bateau est instantanément poussé vers le bajoyer. J'ai beau tenter de redresser, il part en crabe et heurte le musoir (l'angle de l'entrée), à hauteur du milieu latéral du bateau. Le choc est amorti par le pare-battage latéral, mais il est suffisamment violent pour l'arracher et nous faire perdre la protection et sa fixation !
C'est donc plutôt stressé que je parviens à entrer le bateau dans l'écluse et à lui faire prendre sa place à gauche, derrière les deux commerces.
Le pousseur à côté de moi a toujours ses moteurs en prise et le bouillonnement est impressionnant. L'Albatros, une devise que je n'oublierai pas. Personne n'est en vue sur son pont. J'aurai bien changé de canal VHF pour passer sur le canal bateau/bateau afin de lui dire ma façon de voir les choses, mais un nouveau problème se dévoile : la hauteur des bajoyers de l'écluse ne nous permet pas d'atteindre les bittes pour nous amarrer correctement. Nous sommes toujours avalant et, pourtant, il nous manque quasiment deux mètres pour atteindre le haut du bajoyer. 
C'est bien simple: à l'avant, mon matelot s'accroche tant bien que mal à une "clavette" située à sa hauteur, tandis que je n'ai à ma disposition qu'une échelle rouillée un peu après l'arrière du narrowboat... Comme on ne peut pas s'y amarrer, je m'y cramponne avec une gaffe tentant tant bien que mal de résister au bouillonnement du pousseur qui tente de m'éloigner du mur.
Tandis que le niveau d'eau commence à baisser dans l'écluse, le 38m qui était devant nous donne un coup de moteur, peut-être pour s'avancer un peu dans l'écluse. L'effet est immédiat : ma gaffe se déboite et mon matelot ne peut pas maintenir l'amarre. Je me précipite sur ma barre franche et mon levier des gaz pour tenter de reprendre le contrôle du bateau, mais sans succès. Il est ballotté de toutes parts, se décolle du bajoyer pour rejoindre le pousseur à droite sous l'effet du courant créé dans l'écluse.

Mais le pire est encore à venir ! 
Et oui, lorsque les portes s'ouvrent, les commerces commencent à partir. Le bouillonnement à l'arrière de l'écluse atteint des sommets et, comme le pousseur s'en va, le narrowboat fait quasiment demi-tour dans l'écluse !
M'acharnant sur la barre et le moteur pour tenter de lui faire reprendre sa place dans le tumulte des flots, je parviens à le redresser, non sans heurter violemment le mur du bajoyer à l'avant tribord. Le choc est violent, j'entends beaucoup de choses se renverser à bord, il y a de la casse, c'est certain !
Les commerces ayant quitté l'écluse, les flots se calment et je peux sortir le narrowboat sans autre catastrophe. Il est 17 h. Nous sommes restés vingt minutes dans l'écluse, et ça peut être très long vingt minutes...
Mon matelot me rejoint peu après à l'arrière, après avoir traversé et tenté de remettre de l'ordre dans la partie habitation du bateau. De la vaisselle s'est brisée dans les placards et beaucoup de choses ont été renversées. 
L'avant tribord du bateau a été protégé par l'épais bouchon de cordages traditionnel, heureusement, mais lui est bon à changer. De même, les fixations de la bache avant ont été arrachées et il y aura du travail là également.
Ce n'est que du matériel et cela aurait pu être beaucoup plus grave car, à mon sens, il y a eu une réelle mise en danger de nos vies... tout ça parce que des professionnels ne respectent pas les règles et gardent leur moteur en prise dans les écluses au mépris de leur environnement... Scandaleux !

Nous quittons donc cette écluse de Chatou sans regret et nous poursuivons notre navigation sur ce bief en ayant franchi la dernière écluse de notre itinéraire.
Il nous reste quelques heures de luminosité pour nous trouver un endroit où passer la nuit.
Les kilomètres défilent doucement sans que nous ne trouvions quelque chose. Oh! nous avons bien vu un ou deux endroits mais, finalement, rien de sécurisé et nous avons préféré poursuivre notre route...
18h puis 19h passent, nous passons Croissy sur Seine sur la rive droite, l'ile de la Loge et le Pecq sur la rive gauche. Le paysage est plus joli par ici, plus campagnard. Nous laissons Le Vésinet sur la droite et nous sommes au PK54.
Nous passons Maisons-Laffitte à gauche, puis Sartrouville à droite, sans rien trouver. Un petit espoir surgit en la forme d'une barge de sable ou de gravier amarrée prés de la cimenterie au PK60. Nous tombons d'accord sur un compromis : on poursuit notre route jusqu'à la Frette sur Seine, où la carte fluviale annonce une possibilité d'amarrage. S'il n'y a rien de viable, nous reviendrons nous amarrer à couple à cette barge pour la nuit.
La chance est enfin avec nous : il y a un petit ponton, effectivement, à la Frette sur Seine. Il est un peu court pour le narrowboat mais bien fixé, il est solide. Je descends à terre pour aller lire le panneau d'accueil de la halte fluviale : bien que complet et détaillé, il ne précise pas de taille maximale. Je décide donc de nous y amarrer pour la nuit qui commence à montrer le bout de son nez.





Il est 20h. Je coupe enfin le moteur, nous sommes épuisés par cette longue et tumultueuse journée. 

De son côté, le chat du bord s'est remis de ses frayeurs de l'écluse et il tente une sortie par le peack avant du narrowboat, histoire d'observer les bateaux qui passent encore.





Il n'est pas très tard mais le temps de nous rafraichir et de dîner, nous allons nous coucher !
Mais avant, nous avons eu un petit imprévu pour compléter cette journée déjà bien chargée : en rallumant mon téléphone portable, je me suis aperçu que j'avais un message de la capitainerie de port de Cergy qui m'informait que la place que je devais occuper demain n'est pas libre. Il nous faudra attendre dimanche pour arriver à notre nouveau port !

Comme nous ne sommes plus très éloignés de Cergy et que je n'ai pas l'intention de faire des ronds dans l'eau avec le bateau en attendant dimanche, nous décidons de rester amarré ici demain. Ce sera une journée de relâche !
Ce qui correspond d'ailleurs au temps maximum autorisé sur cette halte fluviale : 48h.
Seul hic : la météo prévoit une journée caniculaire demain avec pas moins de 35°C. Nous risquons d'avoir chaud !